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Prévalence et évolution temporelle des Enterobacteriaceae multirésistantes aux antibiotiques à l'Institut National d'Hygiène, Lomé, 2010–2019

23 February 2026
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Prévalence et évolution temporelle des Enterobacteriaceae multirésistantes aux antibiotiques à l'Institut National d'Hygiène, Lomé, 2010–2019

Résumé : Cette étude transversale descriptive a analysé la prévalence et l'évolution temporelle des Enterobacteriaceae multirésistantes (EBMR) aux antibiotiques à l'INH de Lomé entre 2010 et 2019. Sur 6 980 souches analysées, la prévalence globale des EBMR était de 34,77 %, principalement dominée par Escherichia coli (62,3 %), Klebsiella spp. (26,1 %) et Enterobacter spp. (4,7 %). Le taux des EBMR a connu une augmentation spectaculaire de 17 % à 57,5 % entre 2010 et 2019, révélant l'ampleur croissante du phénomène de multirésistance au Togo.


Auteurs : AY. Sadji, A. Patassi, WA. Halatoko, L. Amegan, K. Palanga-Karoue, FDA. Salah, K. Akolly, B. Bidjada, A. Azon, A. Kutoati, VMMA. Amouzou-Glikpa, MNA. Abaya, ESK. Awoussi, OE. Abodji, JL. Gnagbane, E. Posso, M. Salou

Institutions : ¹Laboratoire de bactériologie, Institut National d'Hygiène (INH), Lomé, Togo ; ²Service des Maladies Infectieuses du Centre Hospitalier Universitaire Sylvanus Olympio, Lomé, Togo ; ³Faculté des sciences de la santé, Université de Lomé, Togo

Contact : Dr. Adodo Yao Sadji, Médecin Biologiste et épidémiologiste — adodosadji@yahoo.fr — Tél. : +228 90 31 73 95


Introduction

Les Enterobacteriaceae représentent plus de la moitié des souches bactériennes responsables des infections humaines. La multirésistance aux antibiotiques est en constante évolution dans le monde. Face à ce fléau, il importe de disposer de données factuelles sur cette multirésistance. Cette étude vise à déterminer la prévalence des Enterobacteriaceae multirésistantes (EBMR) et leur variation temporelle à l'Institut National d'Hygiène de 2010 à 2019.

Méthodes

Il s'est agi d'une étude transversale descriptive portant sur les données d'antibiogramme des Enterobacteriaceae isolées de 2010 à 2019. Les proportions des souches multirésistantes ont été calculées et leurs distributions décrites et testées par Chi-deux (α = 5 %). Les variations des taux de résistance dans le temps ont été déterminées et testées à l'aide du Chi-deux de tendance linéaire (α = 5 %). Les données étaient analysées à l'aide d'Épi-info 7.2.2.16. Microsoft Excel était utilisé pour les tableaux et graphiques.

Résultats

De 2010 à 2019, les souches d'Enterobacteriaceae représentaient 53,9 % (6 980) des souches bactériennes (12 956) isolées des produits biologiques analysés, avec 92,52 % provenant des urines et des prélèvements des voies génitales.

La prévalence globale des Enterobacteriaceae multirésistantes était de 34,77 % avec :

  • Escherichia coli : 62,3 %
  • Klebsiella spp. : 26,1 %
  • Enterobacter spp. : 4,7 %

La prévalence de multirésistance était plus élevée chez les hommes (41,3 % ; p < 0,0001) et chez les sujets âgés de 45 ans et plus (42,6 % ; p < 0,0001). Les souches des voies génitales (28,8 %) présentaient moins de multirésistance aux antibiotiques que celles des urines (36 %) et des autres prélèvements (50,2 %) (p < 0,00001).

De 2010 à 2019, le taux des EBMR a augmenté de 17 % à 57,5 % ; le Chi-deux de tendance linéaire était significatif (p < 0,0001).

Conclusion

La prévalence des EBMR était élevée et a connu une augmentation continue de 2010 à 2019. Ces résultats révèlent l'ampleur du phénomène de multirésistance des Enterobacteriaceae aux antibiotiques. Il est recommandé d'établir la cartographie des bactéries multirésistantes au Togo pour contribuer à mettre à jour les protocoles thérapeutiques.


Mots-clés : Enterobacteriaceae multirésistantes, 2010–2019, INH, Lomé, Togo